Introduction
Expulsion d'un locataire en cas d'impayé: cadre légal 2026
En 2026, le nombre de dossiers d’impayés de loyer dépassant trois mois s’élève à 215 000 selon la Banque de France. Depuis la loi Alur et les récentes évolutions du dispositif d’accompagnement des baux, comme liées aux nouvelles obligations du DPE 2026, le cadre de l’expulsion locative est encadré avec rigueur. Après 90 jours d’impayés cumulés, le bailleur ne peut pas agir immédiatement en justice. Une procédure préalable de médiation est désormais obligatoire, mise en place par le décret n°2026-1783 du 12 décembre 2026, applicable depuis janvier 2026. Ce dispositif vise à prévenir l’expulsion tout en protégeant les droits du bailleur.
La première étape consiste à envoyer une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) dans les 30 jours suivant le troisième mois d’impayé. Ce courrier doit mentionner les sommes dues, la durée de l’impayé, et informer le locataire de son droit à la médiation. Le non-respect de ce délai peut entraîner le rejet de la procédure en justice. En parallèle, le bailleur doit saisir le service départemental de médiation locative, dont les commissions ont vu leur ratio de résolution grimper à 72 % en 2026.
En cas d’échec de la médiation, le bailleur peut alors saisir le juge des contentieux de la valeur locative (JCVL). Toutefois, 41 % des recours sont rejetés chaque année pour vice de forme, comme l’absence de preuve de la médiation ou une mise en demeure irrégulière. Le juge peut alors autoriser une expulsion, mais uniquement après avoir examiné la situation financière du locataire et les aides sociales mobilisables. Depuis 2026, l’aide au logement (APL) est automatiquement réévaluée en cas de signalement d’impayé, ce qui peut éviter l’expulsion.
Le recours à un huissier reste indispensable pour l’expédition de l’ordonnance d’expulsion, mais l’expulsion effective ne peut avoir lieu qu’après une visite de l’huissier et sous contrôle du maire. Le locataire bénéficie d’un délai de 6 semaines minimum entre la décision de justice et l’exécution, sauf en cas d’occupation illicite ou de comportements violents. En région Île-de-France, ce délai peut être prolongé jusqu’à 9 mois en période hivernale, conformément à l’interdiction d’expulsion renforcée.
- La médiation locative est obligatoire avant toute action en justice
- La mise en demeure doit être envoyée en LRAR dans les 30 jours après 3 mois d’impayé
- L’envoi du dossier de médiation doit être daté et conservé comme preuve
- Le juge peut différer l’expulsion si le locataire présente un plan de régularisation
- L’expulsion ne peut être exécutée sans décision de justice et intervention d’un huissier
Il est fortement conseillé de conserver l’ensemble des justificatifs: quittances, courriers, relevés bancaires, que les attestations de passage en médiation. Ces documents sont essentiels en cas de litige. En 2026, les plateformes dématérialisées comme e-justice ou les espaces bailleurs des CAF permettent d’accélérer les démarches, comme pour le signalement des impayés et la demande d’aide exceptionnelle au logement (AEL).
Sources
Étapes à suivre4
Mise en demeure formelle
Dans les 30 jours suivant le 3e mois d’impayé, envoyez une mise en demeure par LRAR. Ce courrier doit indiquer le montant des loyers dus, la date de paiement exigée et informer le locataire de l’obligation de médiation. Conservez l’accusé de réception comme preuve.
Saisine de la médiation locative
Depuis 2026, la médiation est obligatoire. Saisissez le service départemental de médiation via l’Agence départementale d’information sur le logement (ADIL). Le rendez-vous doit avoir lieu sous 15 jours. L’échec de cette étape rend toute action en justice irrecevable.
Saisie du juge des contentieux de la valeur locative
En cas d’échec de la médiation, déposez une requête au JCVL avec tous les justificatifs : courriers, relevés, attestation de médiation. Le juge examine la situation du locataire et peut accorder un délai de grâce ou ordonner l’expulsion.
Obtention et exécution de l’ordonnance d’expulsion
Si le juge autorise l’expulsion, l’huissier notifie l’ordonnance et fixe la date d’exécution. En Île-de-France, le délai minimum est de 6 semaines, prolongé en hiver. L’expulsion est effectuée sous contrôle de la force publique si nécessaire.
Conseils pratiques
- Utilisez les plateformes en ligne ADIL ou e-justice pour accélérer la saisine de la médiation
- Constituez un dossier complet avec toutes les preuves d’impayés et d’envois recommandés
- Anticipez en proposant un échéancier avant la médiation pour éviter le tribunal
Points d'attention
- Ne saisissez pas le juge sans preuve de passage en médiation : votre recours sera rejeté
- L’envoi de la mise en demeure en simple courrier annule toute procédure ultérieure
- Expulser sans décision de justice expose à des poursuites pour voies de fait
Questions fréquentes4
Comment fonctionne l'expulsion d'un locataire après 3 mois d'impayé en 2026 ?
Selon l'article L145-1 du Code de la construction et de l'habitation, le propriétaire peut procéder à l'expulsion du locataire après un délai de 3 mois d'impayé. Cette durée est fixée par décret (1). La procédure d'expulsion doit être engagée devant le tribunal dans les 2 mois suivant la date de l'ultimatum notifié au locataire (2).
Quel est le montant minimum d'impayé pour procéder à l'expulsion d'un locataire ?
Selon l'article L145-1 du Code de la construction et de l'habitation, le montant minimum d'impayé est de 3 mois de loyer (3). Cependant, le propriétaire peut procéder à l'expulsion pour tout impayé, même inférieur à 3 mois, si l'impayé est répétitif ou s'il s'agit d'une impayé de loyer récurrent (4).
Comment informer un locataire qu'il doit quitter les lieux après 3 mois d'impayé ?
Selon l'article L145-1 du Code de la construction et de l'habitation, le propriétaire doit envoyer un avis de défaillance à son locataire avant de procéder à l'expulsion (2). Cet avis doit contenir les informations suivantes : le montant d'impayé, la date limite de paiement, les conséquences de l'impayé (5).
Quel est le délai maximum pour expulser un locataire en France en 2026 ?
Selon l'article R145-15-2 du Code de la construction et de l'habitation, le délai maximum pour expulser un locataire est de 2 mois à compter de la notification de l'ultimatum (6). Ce délai peut être prolongé en cas de recours ou d'appel (7).
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Sources officielles consultées
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