- Durée : 25 jours calendaires (4 obligatoires + 21 à répartir), 32 pour les naissances multiples
- Indemnités : jusqu'à 99,33 €/jour (plafond 2025), calculées sur le salaire brut des 3 derniers mois
- Piège fréquent : informer l'employeur 1 mois à l'avance par LRAR, sinon les 21 jours non obligatoires peuvent être refusés
- Délai : dossier CPAM complet sous 14 jours après la naissance, premier versement sous 2 à 3 semaines
Introduction
Le congé de paternité et d'accueil de l'enfant dure 25 jours calendaires depuis le 1er juillet 2021, dont 4 jours obligatoires à prendre immédiatement après la naissance. Pour les naissances multiples, la durée passe à 32 jours. L'Assurance Maladie verse des indemnités journalières pouvant atteindre 99,33 € par jour (plafond 2025). service-public.gouv.fr.
Durée exacte du congé de paternité en 2026 : 25 jours à répartir
Depuis la réforme du 1er juillet 2021, le congé de paternité et d'accueil de l'enfant comprend :
- 4 jours obligatoires (3 jours de congé de naissance + 1er jour de paternité), à prendre immédiatement après la naissance. L'employeur ne peut pas refuser ces 4 jours.
- 21 jours supplémentaires à prendre dans les 6 mois suivant la naissance, en une ou plusieurs fois, selon l'accord de l'employeur.
Pour les naissances multiples (jumeaux, triplés) : 32 jours calendaires au total, dont 4 obligatoires + 28 jours à répartir. En cas d'adoption : 10 jours (18 jours pour une adoption multiple), à prendre dans les 15 jours suivant l'arrivée de l'enfant.
Le congé s'ajoute au congé de naissance de 3 jours (article L1225-35 du Code du travail), soit un total de 28 jours calendaires consécutifs si le père prend tout d'un bloc.
Qui peut en bénéficier : conditions exactes d'éligibilité
Tout père salarié, quel que soit son statut (CDI, CDD, intérimaire, saisonnier), peut bénéficier du congé de paternité. Les co-parents dans les couples de femmes (concubine ou épouse de la mère) y ont également droit. Pour les couples d'hommes, un seul parent peut en bénéficier.
Conditions de cotisation : justifier d'au moins 10 mois d'immatriculation à l'Assurance Maladie à la date de la naissance, et avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédant le congé, ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le Smic horaire (soit 11 510,55 € au 1er janvier 2025) pendant les 6 mois précédents.
Chômeurs : les demandeurs d'emploi indemnisés par Pôle emploi peuvent aussi percevoir les indemnités journalières de paternité. Les indemnités chômage sont suspendues pendant la durée du congé.
Indemnités journalières : calcul et montant maximum en 2026
Les indemnités journalières (IJ) sont calculées sur la base du salaire brut des 3 derniers mois avant le congé :
- Salarié : IJ = salaire brut moyen journalier × 100 %, plafonné à 99,33 €/jour (plafond journalier 2025, soit 3 484,50 € mensuels / 30,42). Pour un salaire de 2 500 € brut/mois, l'IJ s'élève à environ 82,18 €/jour.
- Fonctionnaire : maintien intégral du traitement, sans plafond.
- Travailleur indépendant : IJ forfaitaire de 56,35 €/jour (taux 2024, revalorisé chaque année).
Les IJ sont versées tous les 14 jours par la CPAM. Elles sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) après un abattement de 1,74 % pour frais professionnels. Le montant net perçu est donc légèrement inférieur au montant brut.
Comment demander le congé : procédure étape par étape
Étape 1 : Informer l'employeur. Envoyer une lettre recommandée avec accusé de réception (ou remise en main propre contre décharge) au moins 1 mois à l'avance pour les 21 jours, et dès que possible pour les 4 jours obligatoires. Préciser les dates prévues de congé.
Étape 2 : Déclarer la naissance à la CPAM. Envoyer une copie de l'acte de naissance ou du livret de famille dans les 14 jours suivant la naissance à votre caisse d'Assurance Maladie, via le formulaire Cerfa n°15403 (attestation de l'employeur pour le versement des indemnités journalières).
Étape 3 : Faire compléter l'attestation de l'employeur. L'employeur doit remplir le volet "attestation de l'employeur" du formulaire Cerfa n°15403 et le transmettre à la CPAM. Sans ce document, la CPAM ne peut pas verser les indemnités.
Étape 4 : Recevoir les indemnités. La CPAM verse les IJ tous les 14 jours, après réception de l'attestation de l'employeur et de l'acte de naissance. Délai moyen de premier versement : 2 à 3 semaines après la réception complète du dossier.
Cas particuliers : fonctionnaires, indépendants, chômeurs
Fonctionnaires : le traitement est maintenu intégralement pendant le congé. Il n'y a pas de démarche CPAM, seule la déclaration à l'administration est nécessaire via la voie hiérarchique. Le formulaire est spécifique à chaque ministère.
Travailleurs indépendants (artisans, commerçants, professions libérales) : l'IJ forfaitaire est de 56,35 €/jour (taux 2024). Il faut justifier de 10 mois de cotisations et avoir cessé toute activité pendant le congé. La demande se fait directement en ligne sur lassuranceretraite.fr ou par courrier à la CPAM.
Demandeurs d'emploi : les IJ sont versées par la CPAM. Pôle emploi suspend les allocations chômage pendant le congé. Le reliquat des droits est conservé et repart après le congé. Il faut informer Pôle emploi de la période de congé.
Père à l'étranger : si l'enfant naît à l'étranger, le congé est applicable à condition que le père soit affilié au régime français de Sécurité sociale. L'acte de naissance doit être traduit et légalisé.
Erreurs fréquentes et comment les éviter
Erreur 1 : ne pas respecter le délai d'information de l'employeur. Si le père informe son employeur moins d'un mois avant, ce dernier peut refuser les 21 jours non obligatoires. Conséquence : le congé est reporté ou refusé. Envoyez la lettre recommandée dès que la date de naissance est connue.
Erreur 2 : oublier le formulaire Cerfa n°15403. Sans l'attestation de l'employeur remplie, la CPAM ne verse pas les indemnités. Le délai de traitement repart de zéro à la réception du document manquant. Demandez à votre employeur de le remplir dès la déclaration de naissance.
Erreur 3 : ne pas suspendre les allocations chômage. Les demandeurs d'emploi doivent informer Pôle emploi de leur congé de paternité. Sinon, Pôle emploi verse les allocations ET la CPAM verse les IJ, ce qui constitue un indû qui sera réclamé ensuite. Signalez toujours votre congé à Pôle emploi.
Recours en cas de problème
Si la CPAM refuse les indemnités ou si l'employeur refuse le congé : adressez une réclamation à la CPAM via ameli.fr dans votre espace assuré, ou par courrier à la commission de recours amiable (CRA). Délai : 2 mois à compter de la notification du refus. En cas de rejet par la CRA, saisir le tribunal judiciaire dans les 2 mois. Si l'employeur refuse illégalement le congé : contacter l'inspection du travail ou saisir le conseil de prud'hommes en référé.
Étapes à suivre5
Étape 1 — Informer votre employeur au moins 1 mois à l'avance
Envoyez une lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) à votre employeur en précisant les dates de congé. Pour les 4 jours obligatoires, l'employeur ne peut pas refuser. Pour les 21 jours restants, l'employeur peut proposer un autre arrangement si vous avez moins d'un mois de préavis. Le courrier doit mentionner : votre nom, les dates exactes de congé, la référence à l'article L1225-35 du Code du travail pour les 3 jours de naissance, et l'article L1225-54-1 pour le congé de paternité. Modèle gratuit sur service-public.gouv.fr. Conservez la copie de la LRAR et l'accusé de réception comme preuve. Si l'employeur conteste les dates, la LRAR fait foi devant le conseil de prud'hommes. Pour les pères fonctionnaires, la demande se fait par voie hiérarchique avec les mêmes délais. En cas de naissance multiple (jumeaux, triplés), chaque enfant ouvre droit à 4 jours obligatoires supplémentaires et la durée du congé de paternité est majorée.Étape 2 — Déclarer la naissance à la CPAM dans les 14 jours
Après la naissance, transmettez à votre CPAM : une copie de l'acte de naissance de l'enfant (ou le livret de famille mis à jour), le formulaire Cerfa n°15403 (attestation de l'employeur pour le versement des indemnités journalières). La déclaration peut se faire en ligne sur ameli.fr dans votre espace personnel, rubrique "Mes démarches" > "Déclarer une naissance". Si vous envoyez les documents par courrier, gardez les photocopies et envoyez en LRAR. Le délai de 14 jours court à compter de la date de naissance. Passé ce délai, la CPAM peut refuser les IJ pour la période non couverte. En cas de naissance prématurée ou d'hospitalisation de l'enfant, le délai est prolongé de la durée d'hospitalisation. Vérifiez sur ameli.fr que votre dossier est bien en cours de traitement dans les 48h suivant le dépôt. Si vous n'avez pas de compte ameli, créez-en un avec votre numéro de sécurité sociale et votre RIB.Étape 3 — Faire remplir l'attestation de l'employeur (Cerfa n°15403)
Le formulaire Cerfa n°15403 comporte deux volets : un volet "salarié" que vous remplissez (identité, dates de congé, coordonnées bancaires), et un volet "employeur" que votre employeur complète (salaires des 3 derniers mois, maintien ou non du salaire, dates d'absence). Sans ce volet employeur, la CPAM ne peut pas calculer le montant des IJ. Demandez à votre employeur de le remplir dès votre retour au travail (ou pendant le congé si possible). L'employeur a intérêt à le faire rapidement car il déduit les IJ de votre salaire. Téléchargez le Cerfa n°15403 sur service-public.gouv.fr ou le-cerfa.fr. Si l'employeur refuse ou tarde à remplir le formulaire, envoyez une mise en demeure par LRAR. La CPAM peut exceptionnellement calculer les IJ sur la base du SMIC en l'absence de l'attestation employeur, mais le montant sera inférieur à ce que vous auriez perçu avec l'attestation complète.Étape 4 — Suivre le versement des indemnités journalières
La CPAM verse les IJ tous les 14 jours par virement bancaire. Le premier versement intervient généralement 2 à 3 semaines après réception du dossier complet. Vérifiez sur ameli.fr (espace personnel, rubrique "Mes paiements") que les versements sont bien en cours. Si aucun versement n'apparaît au bout de 3 semaines, appelez le 3646 (0,12 €/min) ou contactez votre CPAM par messagerie sur ameli.fr. Les IJ sont soumises à la CSG (6,2 %) et à la CRDS (0,5 %) après abattement de 1,74 %, ce qui réduit légèrement le montant net perçu. Le montant maximal des IJ est plafonné à 1,8 fois le SMIC horaire par jour, soit environ 105,60 €/jour en 2026. Pour les salariés à temps partiel, le montant est calculé au prorata de la durée du travail. Conservez tous les relevés de paiement pour votre déclaration de revenus : les IJ sont à déclarer en case 1AJ (revenus exonérés) si vous avez coché la case 1GH.Étape 5 — Gérer la fin du congé et le retour au travail
À la fin du congé de paternité, vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent. Vous êtes protégé contre le licenciement pendant 10 semaines à compter de la naissance (période de protection contre le licenciement, article L1225-4 du Code du travail). Si vous êtes demandeur d'emploi, réinformez Pôle emploi de votre disponibilité à la fin du congé pour reprendre le versement des allocations. Vérifiez sur franceconnect.gouv.fr que vos droits sont bien restaurés. Conservez tous les justificatifs de congé (attestation CPAM, courrier employeur) pendant 3 ans en cas de litige. Si votre employeur refuse votre retour, saisissez le conseil de prud'hommes en référé : la remise en poste est obligatoire. En cas de fractionnement du congé (non pris en totalité), les jours restants sont perdus : le congé de paternité ne peut pas être reporté au-delà de 6 mois après la naissance. Pensez à mettre à jour votre situation sur service-public.fr pour les démarches post-congé.
Conseils pratiques
- Les 4 premiers jours (3 jours de naissance + 1 jour de paternité) sont obligatoires et l'employeur ne peut pas les refuser : ils se prennent immédiatement après l'accouchement.
- Les 21 jours restants peuvent être fractionnés en 2 périodes minimum de 5 jours chacune, à prendre dans les 6 mois suivant la naissance — pas besoin de les prendre d'un bloc.
- Le Cerfa n°15403 est téléchargeable gratuitement sur service-public.gouv.fr : ne payez jamais pour l'obtenir, et remplissez le volet salarié avant de le transmettre à votre employeur.
Points d'attention
- Erreur « dossier incomplet » de la CPAM : si le Cerfa n°15403 ou l'acte de naissance manque, la CPAM ne verse pas les IJ. Vérifiez la liste complète des documents sur ameli.fr avant d'envoyer le dossier.
- Refus de l'employeur pour les 21 jours non obligatoires : si vous avez prévenu moins d'un mois à l'avance, l'employeur peut légitimement repousser les dates. Envoyez toujours la LRAR au moins 1 mois avant.
- Cumul interdit IJ paternité + allocations chômage : pendant le congé, Pôle emploi suspend les ARE. Ne déclarez pas être disponible sur votre actualisation mensuelle, sinon vous devrez rembourser le trop-perçu.
Questions fréquentes5
Le congé de paternité est-il obligatoire ?
Les 4 jours qui suivent immédiatement la naissance (3 jours de congé de naissance + 1er jour de paternité) sont obligatoires : l'employeur ne peut pas les refuser. Les 21 jours restants sont facultatifs et peuvent être refusés par l'employeur si le préavis d'un mois n'est pas respecté.
Quel est le montant maximum des indemnités journalières de paternité ?
Le plafond des IJ est de 99,33 €/jour en 2025 (soit 3 484,50 €/mois). Pour un salaire brut de 2 500 €/mois, l'IJ est d'environ 82,18 €/jour. Les fonctionnaires conservent leur traitement intégral sans plafond. Les indépendants perçoivent un forfait de 56,35 €/jour.
Peut-on fractionner le congé de paternité ?
Oui, les 21 jours non obligatoires peuvent être pris en 2 périodes minimum de 5 jours chacune, dans les 6 mois suivant la naissance. Les 4 jours obligatoires doivent être pris d'un bloc immédiatement après la naissance.
Que faire si la CPAM ne verse pas les indemnités ?
Vérifiez d'abord sur ameli.fr que votre dossier est complet (Cerfa n°15403 + acte de naissance). Si le dossier est complet et aucun versement après 3 semaines, contactez la CPAM au 3646 ou par messagerie sur ameli.fr. En cas de refus, vous disposez de 2 mois pour déposer une réclamation auprès de la commission de recours amiable (CRA).
Le père en CDD ou intérimaire a-t-il droit au congé de paternité ?
Oui. Tout salarié, quel que soit son contrat (CDD, CDI, intérim, saisonnier), a droit au congé de paternité. La condition est d'avoir 10 mois d'inscription à l'Assurance Maladie et 150 heures travaillées dans les 3 mois précédents. L'employeur ne peut pas refuser les 4 jours obligatoires, même en CDD.
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