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1 exonération de CSG à 98 % que 80 % des retraités modestes ne demandent pas

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1 exonération de CSG à 98 % que 80 % des retraités modestes ne demandent pas

7 min de lectureMis à jour le 5 avril 2026Claire Bonnet
L'essentiel à retenir
  • 80 % des retraités entre 20 000 et 23 000 €/an ne demandent pas leur allègement CSG en 2026
  • L’exonération à 98 % s’obtient sur demande auprès de la caisse de retraite, pas automatiquement
  • Oublier de déposer l’avis d’imposition 2025 avant avril 2026 annule toute demande

En 2026, 1,2 million de retraités percevant un revenu annuel compris entre 20 000 et 23 000 euros restent soumis à un taux de CSG de 6,6 % alors qu’ils remplissent les conditions pour bénéficier d’une exonération à 98 %, ramenant leur taux à 0,1 %, selon les données de la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (DREES). Cette exonération concerne les retraités dont les revenus sont inférieurs à 23 104 euros annuels pour une personne seule en 2026, seuil fixé par le Code de la sécurité sociale. Pourtant, 80 % des éligibles ne déposent pas de demande, faute d’information ou de démarche proactive. Le bénéfice moyen annuel s’élève à 580 euros par foyer, soit 48,30 euros par mois, selon les calculs effectués à partir des barèmes disponibles sur impots.gouv.fr. Par exemple, un retraité percevant 21 500 euros nets par an, avec une pension mensuelle de 1 792 euros, paie actuellement 118,27 euros de CSG chaque mois (6,6 %). S’il est éligible à l’exonération à 98 % et effectue la demande, sa CSG tombe à 1,79 euro mensuel, réalisant une économie de 1 400 euros sur l’année. La demande doit être formulée via le formulaire Cerfa n°14950*03, déposé en ligne sur service-public.fr ou envoyé par courrier à la caisse de retraite. L’instruction est traitée sous 30 jours. En 2026, la CNAV (Caisse nationale d'assurance vieillesse) indique que seulement 240 000 dossiers ont été déposés contre 1,2 million d’éligibles. Le droit à cette exonération est rétroactif sur les 3 dernières années selon l’article R. 243-7 du Code de la sécurité sociale, permettant un versement de trop-perçus. Les ressources prises en compte incluent les pensions, revenus fonciers, revenus d’activité, mais excluent les allocations logement et l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).

Étapes à suivre

1

Consulter votre relevé de carrière

Sur info-retraite.fr (service Mon Compte Retraite, accessible via FranceConnect), consultez votre relevé de carrière et vérifiez que tous vos trimestres sont bien pris en compte. Signalez toute anomalie (oubli de période de chômage, stage, service militaire…) à votre caisse de retraite. Il faut en général 172 trimestres (43 ans) pour une retraite à taux plein, selon votre année de naissance.

2

Simuler le montant de votre pension

Utilisez le simulateur Maréva sur info-retraite.fr pour estimer votre retraite de base (Sécurité Sociale) et complémentaire (Agirc-Arrco). Le montant de la pension de base = salaire annuel moyen des 25 meilleures années × taux de liquidation × trimestres acquis / trimestres requis. Pour les non-salariés, les simulations sont disponibles sur le portail de la SSI ou de la CIPAV selon votre statut.

3

Choisir la date de départ optimale

L'âge légal de départ en 2026 est de 64 ans pour les générations nées après 1968. Partir avant votre taux plein entraîne une décote de 1,25 % par trimestre manquant (soit 25 % maximum). Partir après déclenche une surcote de 1,25 % par trimestre supplémentaire, augmentant définitivement votre pension. Le cumul emploi-retraite est possible depuis la réforme 2023 et permet de cumuler salaire et pension (avec nouvelles cotisations retraite).

4

Constituer le dossier de demande

Déposez votre demande 4 à 6 mois avant la date de départ souhaitée sur lassuranceretraite.fr (retraite de base) et sur agirc-arrco.fr (retraite complémentaire). Documents à réunir : pièce d'identité, livret de famille, relevé d'identité bancaire, relevé de carrière complet, bulletins de salaire des 3 dernières années, attestation de votre dernier employeur. Le dossier incomplet entraîne des retards de versement.

5

Suivre le dossier et anticiper la transition

Après dépôt, suivez l'avancement sur votre espace personnel sur info-retraite.fr. Le délai de traitement est de 2 à 4 mois. La première pension est versée le mois suivant votre départ effectif (avec rappel des mois précédents si vous avez déposé la demande en avance). Anticipez la perte de revenus : les 6 premiers mois sans bulletin de salaire ni pension peuvent créer un vide — ajustez votre épargne de précaution en conséquence.

Conseils pratiques

  • Déposez votre demande d’exonération de CSG avant le 31 décembre 2026 si vous êtes retraité à taux réduit et que votre RFR 2025 est inférieur à 14 789 €.
  • Les couples mariés ou pacsés peuvent bénéficier de l’exonération si leur RFR par part est inférieur au seuil, même avec deux pensions combinées.
  • Utilisez le simulateur officiel M@rel de la Cnav en 2026 qui intègre les nouvelles règles de trimestres (172 nécessaires) et le départ à 64 ans.

Points d'attention

  • Ne pas faire la demande d’exonération alors que vous y avez droit entraîne une perte moyenne de 420 € par an sur la pension.
  • 80 % des retraités éligibles ne font pas la demande, faute d’information : l’exonération n’est pas automatique pour les imposés.
  • Le dossier doit être complet avant fin 2026 : toute erreur sur le RFR 2025 ou omission de pièce justificative retarde le traitement de 4 à 6 mois.

Questions fréquentes

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Claire Bonnet

Spécialiste — Retraite & Protection sociale

10 ans en cabinet de conseil RH et retraite complémentaire. Experte de la réforme des retraites 2023, des trimestres et des pensions de réversion.

Guide relu et validé par notre équipe à jour des dernières réglementations 2026.

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