- Délai total moyen : 6 à 18 mois entre le 1er impayé et l'expulsion effective
- Premier réflexe locataire : contacter la CCAPEX et demander l'aide du FSL pour régulariser
- Piège fréquent : l'expulsion sauvage est un délit pénal (1 an de prison + 15 000 € d'amende, art. 414-1 CPC)
- Trêve hivernale : du 1er novembre au 31 mars, aucune expulsion ne peut être exécutée
Introduction
La procédure d'expulsion pour impayé de loyer comporte 4 étapes obligatoires et dure en moyenne 6 à 18 mois. Le locataire dispose d'un délai de 2 mois après le commandement de payer pour régulariser, et aucune expulsion ne peut être exécutée pendant la trêve hivernale (1er novembre – 31 mars). Source : service-public.gouv.fr.
Les 4 étapes de la procédure d'expulsion : délais légaux exacts
La loi prévoit une procédure stricte que le propriétaire doit respecter sous peine de nullité. Chaque étape a un délai légal précis, encadré par le Code de la construction et de l'habitation (art. L411-1 et suivants) et le Code de procédure civile (art. 61 et suivants).
Étape 1 — Commandement de payer (délai : 2 mois)
Le propriétaire fait signifier un commandement de payer par commissaire de justice (ancien huissier). Ce document détaille les sommes réclamées : loyers impayés, charges, indemnités d'occupation, versements CAF déjà perçus. Il ouvre un délai légal de 2 mois pendant lequel le locataire peut payer l'intégralité de sa dette ou proposer un plan d'apurement au bailleur. Si le locataire paie dans ce délai, la procédure est interrompue — mais elle pourra reprendre en cas de nouvelle défaillance. Le commissaire de justice doit également informer la CCAPEX (Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives) qui peut proposer un accompagnement social et un relogement.
Étape 2 — Assignation devant le Tribunal judiciaire (délai : 1-3 mois)
Si le locataire n'a pas payé dans les 2 mois, le propriétaire fait délivrer une assignation par commissaire de justice. Ce document convoque le locataire devant le Juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire du lieu de situation de l'immeuble. La représentation par avocat n'est pas obligatoire pour les deux parties en matière de loyers impayés. La Préfecture est également notifiée. L'audience a généralement lieu dans un délai de 1 à 3 mois après l'assignation. Le juge peut accorder des délais de grâce allant jusqu'à 2 ans pour le paiement (art. 1344-1 du Code civil), même en présence d'une clause résolutoire.
Étape 3 — Commandement de quitter les lieux (délai : 2 mois)
Après le jugement favorable au bailleur, un commandement de quitter les lieux est signifié au locataire. Il dispose d'un délai de 2 mois pour libérer le logement. Le Préfet reçoit copie de ce commandement. Ce délai ne court pas pendant la trêve hivernale. Le locataire peut faire appel du jugement dans un délai de 1 mois à compter de la signification, ce qui suspend l'exécution de l'expulsion.
Étape 4 — Concours de la force publique (délai : 2 mois)
Si le locataire refuse toujours de partir, le commissaire de justice saisit le Préfet pour obtenir le concours de la force publique. La Préfecture dispose d'un délai de 2 mois pour répondre. Si accordé, les forces de l'ordre procèdent à l'expulsion en présence du commissaire de justice. Si le Préfet refuse, le propriétaire doit saisir le tribunal administratif.
Trêve hivernale 2025-2026 : du 1er novembre au 31 mars
Pendant la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars), aucune expulsion ne peut être exécutée. Cette protection s'applique à tout locataire, quel que soit son statut. la trêve n'empêche pas le propriétaire d'engager les démarches : commandement de payer, assignation et jugement peuvent être menés pendant cette période. Seule l'exécution de l'expulsion est suspendue. À l'issue de la trêve, les expulsions reprennent automatiquement.
Exceptions : le squat (occupation sans titre) et le relogement dans un logement décent ne sont pas concernés par la trêve hivernale. Un locataire bénéficiant d'un relogement conforme peut être expulsé même pendant la trêve.
Droits du locataire face à l'expulsion
Le locataire dispose de plusieurs recours à chaque étape de la procédure :
- Délai de grâce du juge : le Juge des contentieux de la protection peut accorder des délais de paiement allant jusqu'à 24 mois (art. 1344-1 du Code civil), même en présence d'une clause résolutoire. Ce délai est réduit à 6 mois maximum en cas de procédure de sauvegarde ou de redressement judiciaire du bailleur.
- Appel : le locataire peut faire appel du jugement dans un délai de 1 mois à compter de la signification. L'appel suspend l'exécution de l'expulsion.
- FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement) : le locataire peut demander une aide financière du FSL auprès du CCAS de sa mairie pour régler tout ou partie des impayés. L'attribution dépend des ressources du foyer. Le FSL peut également financer des dettes de charges et de factures d'énergie.
- CCAPEX : notifiée dès le commandement de payer, elle propose un accompagnement social et peut faciliter le relogement.
- Garantie Visale : si le locataire bénéficiait de la garantie Visale (Action Logement), celle-ci couvre les impayés de loyer jusqu'à 36 mensualités et jusqu'à 1 300 €/mois.
Coût de la procédure pour le propriétaire
Les frais de procédure d'expulsion sont à la charge du propriétaire (sauf si le jugement les met à la charge du locataire). Voici les coûts moyens :commandement de payer : 130 à 200 € TTC ; assignation (frais d'huissier) : 200 à 400 € ; frais d'avocat (facultatif) : 1 000 à 3 000 € ; commandement de quitter les lieux : 130 à 200 € ; expulsion avec force publique : 500 à 1 500 €. Coût total moyen : 2 000 à 5 000 €. Ces frais sont récupérables sur le locataire si le jugement le prévoit.
Cas particuliers : HLM, colocataires, époux séparés
Bail HLM : l'organisme HLM doit respecter la même procédure. le relogement est souvent facilité via le contingent préfectoral (25% des logements HLM réservés aux personnes prioritaires, dont les expulsés). Colocataires : si le bail est solidaire, le commandement de payer doit être signifié à chaque colocataire. Celui qui paie sa part n'est pas protégé si les autres ne paient pas — la clause de solidarité rend chaque colocataire responsable de l'intégralité du loyer. Époux/pacsés : le bail conjoint est résilié pour les deux époux, même si un seul est défaillant. L'époux séparé peut demander la continuation du bail à son seul profit.
Erreurs fréquentes et comment les éviter
Erreur 1 — Expulser sans jugement : un propriétaire ne peut JAMAIS expulser un locataire de lui-même, même avec clause résolutoire. L'article 414-1 du Code de procédure civile punit d'un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende l'expulsion sans titre (expulsion sauvage). Erreur 2 — Ne pas respecter le délai de 2 mois du commandement : engager l'assignation avant la fin du délai de 2 mois rend la procédure nulle. Erreur 3 — Ignorer la CCAPEX : le commissaire de justice doit obligatoirement informer la CCAPEX. L'absence de cette notification peut entraîner la nullité de la procédure.
Recours en cas de procédure abusive
Si le locataire considère que la procédure est abusive (loyer déjà payé, erreur de montant, défaut de notification), il peut : 1) Contester le commandement de payer en saisissant le juge des référés pour obtenir la suspension de la procédure ; 2) Déposer une demande reconventionnelle lors de l'audience pour contester les montants réclamés ; 3) Saisir le Défenseur des droits en cas de discrimination ou de harcèlement. Délai pour contester : 1 mois à compter de la signification du jugement pour faire appel.
Étapes à suivre5
Étape 1 — Signifier un commandement de payer par commissaire de justice
Dès le premier loyer impayé, le propriétaire mandate un commissaire de justice pour signifier un commandement de payer au locataire. Ce document reprend le détail de la dette : loyers impayés, charges, indemnités d'occupation, versements CAF déjà perçus. Le coût est de 130 à 200 € TTC à la charge du propriétaire (récupérables si le jugement le prévoit). Le commandement ouvre un délai légal de 2 mois pendant lequel le locataire peut payer l'intégralité de sa dette ou proposer un plan d'apurement au bailleur. Le commissaire de justice doit également informer la CCAPEX (Commission de Coordination des Actions de Prévention des Expulsions Locatives) qui proposera un accompagnement social au locataire. Si le locataire paie dans les 2 mois, la procédure est interrompue — mais elle pourra reprendre en cas de nouvelle défaillance. URL officielle : service-public.gouv.fr — Litiges liés à la location.Étape 2 — Assigner le locataire devant le Tribunal judiciaire
Si le locataire n'a pas régularisé dans les 2 mois, le propriétaire fait délivrer une assignation par commissaire de justice. Ce document convoque le locataire devant le Juge des contentieux de la protection du Tribunal judiciaire compétent (celui du lieu de situation de l'immeuble). La représentation par avocat n'est pas obligatoire pour les deux parties en matière de loyers impayés. La Préfecture est notifiée de l'assignation. L'audience a généralement lieu dans un délai de 1 à 3 mois. Le juge peut : prononcer la résiliation du bail et l'expulsion ; accorder des délais de grâce allant jusqu'à 24 mois pour le paiement (art. 1344-1 du Code civil) ; ordonner un plan d'apurement. Le jugement est signifié au locataire par commissaire de justice dans un délai d'environ 1 mois après l'audience.
Étape 3 — Signifier le commandement de quitter les lieux (2 mois)
Après le jugement favorable au bailleur, un commandement de quitter les lieux est signifié au locataire par commissaire de justice. Le locataire dispose d'un délai de 2 mois pour libérer le logement. Le Préfet reçoit copie de ce commandement. Ce délai ne court pas pendant la trêve hivernale (1er novembre – 31 mars), ce qui peut prolonger la procédure de plusieurs mois. Le locataire peut faire appel du jugement dans un délai de 1 mois à compter de la signification — l'appel suspend l'exécution de l'expulsion jusqu'à la décision de la cour d'appel. Si le locataire quitte les lieux dans le délai, le propriétaire récupère son bien sans intervention de la force publique. Il doit alors faire un état des lieux de sortie et restituer le dépôt de garantie dans le délai légal d'un mois (ou deux mois en cas de désaccord). Si le locataire reste dans les lieux après le délai, le propriétaire doit demander le concours de la force publique. Consultez service-public.fr pour les détails sur la procédure d'expulsion.Étape 4 — Obtenir le concours de la force publique
Si le locataire refuse de quitter les lieux après le commandement de quitter, le commissaire de justice saisit le Préfet pour obtenir le concours de la force publique. La Préfecture dispose d'un délai de 2 mois pour répondre à la demande. Si le concours est accordé, les forces de l'ordre procèdent à l'expulsion en présence du commissaire de justice. Le coût de l'expulsion avec force publique est de 500 à 1 500 €. Si le Préfet refuse le concours de la force publique (ce qui est rare mais possible, notamment pendant la trêve hivernale), le propriétaire doit saisir le tribunal administratif pour contester ce refus. L'expulsion ne peut JAMAIS être effectuée par le propriétaire lui-même : l'article 414-1 du Code de procédure civile punit l'expulsion sauvage d'un an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende. Les changements de serrure, la coupure d'eau ou d'électricité, et la mise à la rue des affaires du locataire constituent également des délits pénaux. Consultez service-public.fr pour connaître vos droits et obligations.Étape 5 — Demander l'aide du FSL et de la CCAPEX (locataire)
À chaque étape de la procédure, le locataire en difficulté peut solliciter des aides : le FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement) est accessible auprès du CCAS de sa mairie — il peut prendre en charge tout ou partie des impayés de loyer, de charges et de factures d'énergie selon les ressources du foyer. La CCAPEX propose un accompagnement social et peut faciliter un relogement. La garantie Visale d'Action Logement couvre les impayés jusqu'à 36 mensualités et 1 300 €/mois pour les locataires de moins de 30 ans ou les salariés de plus de 30 ans en CDI de moins de 6 mois. Le locataire doit déposer sa demande de FSL dès la réception du commandement de payer — ne pas attendre le jugement. Les délais d'instruction du FSL sont de 2 à 4 semaines en moyenne. Le propriétaire peut également contacter le CCAS pour signaler la situation et demander une médiation. URL : service-public.fr — Aides au logement.
Conseils pratiques
- Le délai total moyen entre le 1er impayé et l'expulsion effective est de 6 à 18 mois — le propriétaire doit anticiper cette durée dans sa trésorerie.
- Le juge peut accorder des délais de grâce allant jusqu'à 24 mois (art. 1344-1 du Code civil) — le locataire doit les demander explicitement à l'audience.
- L'expulsion sauvage (sans titre, sans commissaire de justice) est un délit pénal puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende (art. 414-1 CPC).
Points d'attention
- Ne jamais expulser un locataire sans jugement : l'expulsion sauvage est punie d'un an de prison et 15 000 € d'amende (art. 414-1 du Code de procédure civile). Conséquence : le propriétaire peut aussi être condamné à verser des dommages et intérêts au locataire.
- Ne pas engager l'assignation avant la fin du délai de 2 mois du commandement de payer : la procédure sera déclarée nulle et le propriétaire devra recommencer depuis le début, perdant plusieurs mois supplémentaires.
- Oublier de notifier la CCAPEX lors du commandement de payer : cette notification est obligatoire et son absence peut entraîner la nullité de toute la procédure d'expulsion, obligeant le propriétaire à recommencer.
Questions fréquentes5
Quel est le délai minimum avant de pouvoir expulser un locataire pour impayé de loyer ?
Le délai minimum est de 4 mois : 2 mois après le commandement de payer + 2 mois après le commandement de quitter les lieux. En pratique, la procédure complète dure 6 à 18 mois entre le premier impayé et lexpulsion effective.
Peut-on expulser un locataire pendant la trêve hivernale ?
Non. Du 1er novembre au 31 mars, aucune expulsion ne peut être exécutée. Cependant, le propriétaire peut engager les démarches (commandement de payer, assignation, jugement) pendant cette période. Seule lexécution de lexpulsion est suspendue.
Le locataire peut-il obtenir des délais de grâce du juge ?
Oui. Le juge des contentieux de la protection peut accorder des délais de grâce allant jusquà 24 mois (art. 1344-1 du Code civil) pour le paiement des dettes, même en présence dune clause résolutoire dans le bail. Le locataire doit en faire la demande explicite à laudience.
Quest-ce que le FSL et comment en bénéficier ?
Le FSL (Fonds de Solidarité pour le Logement) est une aide financière départementale qui peut prendre en charge tout ou partie des impayés de loyer, de charges et de factures dénergie. La demande se fait auprès du CCAS de la mairie. Lattribution dépend des ressources du foyer. Délai dinstruction : 2 à 4 semaines en moyenne.
Quel est le coût total dune procédure dexpulsion pour le propriétaire ?
Le coût moyen dune procédure dexpulsion complète est de 2 000 à 5 000 € : commandement de payer (130 à 200 €), assignation (200 à 400 €), frais davocat si nécessaire (1 000 à 3 000 €), commandement de quitter les lieux (130 à 200 €), expulsion avec force publique (500 à 1 500 €). Ces frais sont récupérables sur le locataire si le jugement le prévoit.
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