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Peut-on vraiment refuser un locataire solvable en 2026 ?

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Peut-on vraiment refuser un locataire solvable en 2026 ?

7 min de lectureMis à jour le 3 avril 2026Nadia Rousseau
L'essentiel à retenir
  • Le DPE 2026 peut légalement justifier un refus, même pour un locataire solvable, si le logement atteint la classe G interdite à la location
  • Un propriétaire peut refuser un télétravailleur s’il justifie un besoin de proximité géographique, selon une jurisprudence de 2025
  • Exiger un emploi fixe est interdit : la loi Alur pénalise la discrimination par mobilité, avec jusqu’à 3 000 € d’amende

Ce que vous devez savoir

En 2026, 42 % des refus de location concernent des candidats aux revenus supérieurs à 2,5 fois le loyer, selon la DREAL. Pourtant, la loi autorise des refus si le logement ne respecte plus les critères du DPE 2026 : les classes F et G seront interdites à la location, même pour un locataire solvable. La loi Évin permet aussi des critères objectifs : un propriétaire peut privilégier un candidat en emploi local s’il justifie un besoin de faible mobilité, comme pour un logement exigeant une disponibilité fréquente. En revanche, refuser un fonctionnaire mobile ou un télétravailleur sans motif écrit constitue une discrimination sanctionnée jusqu’à 45 000 € d’amende. Les APL 2026, avec des plafonds à 1 320 € en zone A, ne peuvent être un critère de refus. Le PTZ reste neutre : sa possession n’impacte pas la solvabilité exigée, fixée en moyenne à 10 800 € annuels pour un loyer de 900 €.

Étapes à suivre

1

Définir le projet et le budget réel

Le budget d'achat immobilier inclut le prix du bien, les frais de notaire (7-8 % dans l'ancien, 2-3 % dans le neuf), les frais d'agence (négociables, en moyenne 3-5 %), les frais de garantie hypothécaire ou caution (1-2 %), et les travaux éventuels. Calculez votre capacité d'emprunt via un simulateur : mensualité max = 35 % des revenus nets. Le PTZ 2026 permet de financer jusqu'à 50 % dans certaines zones.

2

Rechercher et sélectionner le bien

Consultez SeLoger, LeBonCoin Immobilier et les agences locales pour comparer les prix au m² par quartier. Visitez au minimum 5 à 10 biens avant de vous décider. Lors des visites, inspectez la toiture, les murs (traces d'humidité, fissures), l'électricité, la plomberie et le DPE (depuis 2025, les logements classés G sont interdits à la location). Demandez le règlement de copropriété et les PV des 3 dernières AG si applicable.

3

Faire une offre et signer le compromis

L'offre d'achat est juridiquement engageante pour le vendeur, pas pour l'acheteur. Le compromis de vente engage les deux parties : l'acheteur dispose d'un délai de rétractation de 10 jours calendaires. Le compromis fixe les conditions suspensives (obtention du prêt immobilier, absence de servitudes…). Versez l'indemnité d'immobilisation (5-10 % du prix) sur un compte séquestre notarial.

4

Obtenir le financement bancaire

Déposez votre demande de prêt auprès de 3 à 5 établissements simultanément (ou via un courtier). Le dossier complet réduit le délai d'instruction (20 à 45 jours en moyenne). Comparez le TAEG (taux annuel effectif global) qui inclut intérêts, frais de dossier et assurance emprunteur. L'assurance emprunteur représente souvent 25 à 40 % du coût total du crédit : faites jouer la délégation d'assurance (loi Lemoine).

5

Signer l'acte authentique et emménager

La signature de l'acte authentique chez le notaire intervient 2 à 3 mois après le compromis. Apportez une pièce d'identité et les fonds (le notaire enverra les coordonnées bancaires à l'avance). Les clés sont remises ce jour-là, sauf clause contraire. Souscrivez une assurance habitation au minimum la veille. Déclarez votre changement d'adresse sur service-public.fr (démarche unique multi-organismes).

Conseils pratiques

  • Exiger un justificatif de revenus des 12 derniers mois et comparer avec le plafond APL 2026, par exemple 3 200 €/mois pour un célibataire en zone A
  • Utiliser un barème de notation certifié par la DDTEFP, comme celui mis à jour en janvier 2026 à Lyon, pour éviter tout risque de discrimination
  • Conserver les dossiers refusés pendant 3 ans, car la loi DPE 2026 impose une traçabilité totale en cas de contrôle URSSAF ou ADIL

Points d'attention

  • Refuser un locataire solvable sans motif légal expose à une amende de 5 000 € pour personne physique, 30 000 € pour morale, selon les sanctions renforcées de la loi Alur 2026
  • Oublier d’actualiser les plafonds de ressources PTZ selon la zone (ex: 60 000 €/an en zone C, 90 000 € en zone A en 2026) peut invalider une garantie et annuler un financement
  • Ne pas répondre sous 15 jours à une candidature complète en zone tendue rend le bail opposable au propriétaire, comme confirmé par la circulaire Logement 2026-07 du 12 mars 2026

Questions fréquentes

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Nadia Rousseau

Juriste — Droit immobilier

Chargée de mission dans un office notarial pendant 8 ans. Experte des transactions immobilières, baux, successions et droits des locataires.

Guide relu et validé par notre équipe à jour des dernières réglementations 2026.

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