- Sanctions : jusqu'à 3 ans de prison et 45 000 € d'amende (5 ans et 100 000 € si la victime est mineure)
- Ce qu'il faut faire : appeler le 3018 (mineurs), signaler sur masecurite.interieur.gouv.fr, porter plainte au commissariat
- Piège fréquent : supprimer les messages avant de les capturer — vous perdez vos preuves et la plainte risque d'être classée sans suite
- Délai : 6 ans pour porter plainte (délai de prescription du délit)
Introduction
Le cyberharcèlement est puni de jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (article 222-33-2-2 du Code pénal), et jusqu'à 5 ans et 100 000 € d'amende si la victime est mineure (circonstance aggravante introduite par la loi du 2 mars 2022). Le numéro national 3018 (gratuit, 7j/7, 9h-23h) permet aux mineurs de parler à un policier ou gendarme formé. CNIL — Cyberviolences et cyberharcèlement.
Ce que dit la loi en 2026 : sanctions et textes officiels
L'article 222-33-2-2 du Code pénal définit le cyberharcèlement comme des agissements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie de la victime, commis via tout moyen de communication électronique (réseaux sociaux, SMS, messageries, forums). La loi n° 2022-219 du 2 mars 2022 a renforcé les sanctions :
- Peine de base : 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende
- Circonstances aggravantes (mineur de 15 ans, personne vulnérable, conjoint ou ex-conjoint, deux auteurs ou plus) : 3 ans et 45 000 €
- Si la victime est mineure (loi confort 2022) : 5 ans et 100 000 € d'amende
Les infractions connexes sont également sanctionnées : injure publique (amende jusqu'à 12 000 €, art. 32 loi du 29/07/1881), non-respect du droit à l'image (1 an de prison et 45 000 €, art. 226-1 et 226-2 Code pénal), usurpation d'identité en ligne (1 an et 15 000 €, art. 226-4-1 Code pénal). Plateforme de signalement du cyberharcèlement.
Comment signaler le cyberharcèlement : 4 démarches officielles
1. Appeler le 3018 (victimes mineures)
Le 3018 est le numéro national gratuit dédié aux victimes mineures de cyberharcèlement. Ouvert 7j/7 de 9h à 23h, il met en relation directe avec des policiers et gendarmes spécialement formés. L'appel est gratuit depuis un fixe ou un mobile. Le 3018 peut faire supprimer des contenus illicites en moins d'une heure en contactant directement les plateformes.
2. Signaler en ligne sur la plateforme officielle
La plateforme Signal.cyberharcèlement (masecurite.interieur.gouv.fr) permet de signaler le cyberharcèlement via un tchat disponible 24h/24, 7j/7. Ce tchat est « dédié aux moins de 18 ans » et permet d'échanger avec des policiers ou gendarmes formés. Témoins et victimes adultes peuvent aussi déposer un signalement.
3. Porter plainte au commissariat ou en ligne
Porter plainte est gratuit. Deux options :
- Au commissariat ou à la gendarmerie : les forces de l'ordre sont obligées d'enregistrer votre plainte et de vous recevoir même hors de leur zone de compétence. Vous recevez un récépissé et, sur demande, une copie de la plainte.
- En ligne sur masecurite.interieur.gouv.fr : la plainte en ligne est possible via le service THESEE pour les arnaques internet, ou pour les atteintes aux biens avec auteur inconnu. Pour le cyberharcèlement avec auteur connu, la plainte sur place reste la voie principale.
Le délai de prescription pour un délit de cyberharcèlement est de 6 ans à compter des derniers faits. Vous pouvez porter plainte contre X si vous ne connaissez pas l'auteur. Porter plainte — Service-Public.fr.
4. Saisir la CNIL pour le droit à l'effacement
La CNIL permet de faire valoir votre droit à l'effacement des données personnelles (art. 17 RGPD). Le responsable de site doit effacer les données « dans les meilleurs délais et au plus tard dans un délai d'un mois ». En l'absence de réponse satisfaisante, déposez une plainte sur cnil.fr/adresser-une-plainte. La CNIL rappelle que ce dépôt de plainte est distinct d'une plainte pénale auprès de la police.
Les preuves à conserver : ce qu'il faut faire immédiatement
Dès les premiers faits de cyberharcèlement, effectuez ces actions avant de supprimer quoi que ce soit :
- Captures d'écran : photographiez chaque message, commentaire ou publication avec la date, l'heure et le pseudo de l'auteur visible. Sur iPhone (bouton latéral + volume haut), sur Android (bouton alimentation + volume bas).
- URL des contenus : copiez l'URL exacte de chaque publication incriminée.
- Témoignages : demandez à des proches ou collègues qui ont vu les faits de consigner ce qu'ils ont observé, avec date et heure.
- Signalement sur la plateforme : signalez chaque contenu abusif via le bouton de signalement du réseau social (Facebook, Instagram, X, TikTok, etc.) avant de bloquer l'auteur.
Ne supprimez pas les messages : ils constituent vos preuves. Bloquez l'auteur uniquement après avoir capturé les preuves.
Cas particuliers : mineurs, fonctionnaires, harcèlement conjugal
Mineur victime de cyberharcèlement scolaire
La loi du 2 mars 2022 a créé un délit spécifique de harcèlement scolaire (art. 222-33-2-1 Code pénal). Le chef d'établissement est tenu de signaler les faits au procureur de la République. Les parents peuvent saisir le Défenseur des droits (defenseurdesdroits.fr) si l'école ne réagit pas. Le 3018 peut intervenir pour faire supprimer les contenus en moins d'une heure.
Harcèlement conjugal en ligne
Les cyberviolences conjugales relèvent du délit de harcèlement conjugal (art. 222-33-2-1 du Code pénal), passible de 3 ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende (5 ans et 75 000 € si un enfant mineur est témoin). Le 3919 (Violences Femmes Info) est gratuit et disponible 24h/24. En cas d'urgence immédiate, composez le 17 ou le 112.
Fonctionnaire victime de cyberharcèlement
Le harcèlement moral envers un fonctionnaire est puni de 2 ans de prison et 30 000 € d'amende (art. 432-7 Code pénal). La voie hiérarchique, la commission administrative paritaire et le Défenseur des droits sont les recours possibles en parallèle de la plainte pénale.
Erreurs fréquentes et comment les éviter
- Erreur 1 : supprimer les messages avant de les capturer. Conséquence : vous perdez vos preuves et la plainte risque d'être classée sans suite. Action : faites des captures d'écran systématiques AVANT toute suppression.
- Erreur 2 : ne porter plainte que des mois après les faits. Conséquence : les preuves numériques peuvent être effacées par les plateformes (durée de rétention de 6 à 12 mois). Action : déposez plainte dans les jours qui suivent les premiers faits.
- Erreur 3 : confondre plainte CNIL et plainte pénale. Conséquence : la CNIL ne peut prononcer que des sanctions administratives, pas des peines pénales. Action : déposez une plainte pénale au commissariat ET une plainte CNIL pour l'effacement des données, ce sont deux démarches distinctes et complémentaires.
Recours : que faire en cas de classement sans suite
Si le procureur classe l'affaire sans suite, vous disposez de 3 recours :
- Contester le classement : écrivez au procureur de la République pour lui demander de réexaminer l'affaire en apportant de nouveaux éléments.
- Citation directe : saisissez le tribunal correctionnel directement via un avocat. Vous avez 6 ans (délai de prescription du délit) pour agir.
- Déposer une requête auprès du Défenseur des droits : sur defenseurdesdroits.fr, en ligne ou par courrier. Délai de traitement : environ 3 mois.
Pour les mineurs, l'association e-Enfance (09 69 39 89 89, appel non surtaxé) propose un accompagnement psychologique et juridique gratuit.
Étapes à suivre5
Étape 1 — Conserver les preuves immédiatement
Dès les premiers messages ou publications harcelantes, ne supprimez rien. Prenez des captures d'écran de chaque message, commentaire ou publication, en incluant la date, l'heure et le pseudonyme de l'auteur. Utilisez la combinaisonCtrl+Shift+S(Windows) ouCmd+Shift+4(macOS) pour sauvegarder les pages entières. Sur mobile, utilisez la fonction de capture d'écran native. Enregistrez les URL complètes des pages concernées. Pour les messages privés, activez l'option « conserver les messages » dans les paramètres de la messagerie. Téléchargez vos données personnelles depuis les plateformes : Facebook (Paramètres > Vos informations Facebook), Instagram (Paramètres > Télécharger vos données), Twitter/X (Paramètres > Télécharger une archive). Conservez les captures dans un dossier dédié avec une nomenclature claire : date_heure_plateforme_numero.ext. Ces preuves serviront pour le dépôt de plainte.Étape 2 — Appeler le 3018 ou signaler en ligne
Appelez le 3018 (numéro national de lutte contre les violences faites aux femmes, gratuit et anonyme) si le harcèlement est à connotation sexiste ou sexuelle. Pour le cyberharcèlement général, signalez sur Pharos (internet-signalement.gouv.fr) : créez un compte, décrivez les faits, joignez les captures d'écran. Les signalements sont traités par la gendarmerie et la police judiciaire. Pour les mineurs, contactez le 3020 (numéro national contre le harcèlement scolaire). Signalez également sur les plateformes : Facebook/Instagram (signaler le compte > Harcèlement), Twitter/X (Signaler > Harcèlement), TikTok (Signaler > Harcèlement). Les plateformes ont l'obligation de retirer les contenus illicites dans les 24h sous peine d'amende. Conservez les accusés de réception de vos signalements. Si vous êtes en danger immédiat, appelez le 17 ou le 112 (urgence européenne).Étape 3 — Porter plainte au commissariat ou en ligne
Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie avec vos preuves (captures d'écran, URL, témoignages). Vous pouvez aussi porter plainte en ligne sur service-public.fr si le harcèlement ne constitue pas un crime (délit uniquement). La plainte en ligne est disponible 24h/24. Précisez dans votre plainte : les dates et heures des faits, les pseudonymes des auteurs, les plateformes utilisées, l'impact sur votre santé (insomnies, anxiété, dépression). Demandez un récépissé de dépôt de plainte. Si le commissariat refuse de prendre votre plainte, envoyez une lettre recommandée au procureur de la République du tribunal judiciaire. Le cyberharcèlement est puni de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (article 222-33-2-2 du Code pénal), aggravé à 3 ans et 45 000 € si commis sur un mineur de 15 ans.Étape 4 — Demander l'effacement de vos données personnelles
Exercez votre droit à l'effacement auprès des plateformes conformément au RGPD (article 17). Envoyez un courrier recommandé avec accusé de réception à chaque hébergeur ou réseau social demandant : la suppression des contenus vous concernant, le retrait des liens vers vos données personnelles, la désindexation des résultats de recherche. Pour Google, utilisez le formulaire de demande de suppression. Pour les images intimes partagées sans consentement (revenge porn), signalez sur Pharos et utilisez le formulaire Google de suppression d'images non consensuelles. La loi du 3 août 2018 punit le partage d'images intimes sans consentement de 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende. Si les plateformes ne répondent pas dans les 30 jours, saisissez la CNIL sur cnil.fr via le formulaire de plainte en ligne. La CNIL peut infliger des amendes allant jusqu'à 20 M€ ou 4 % du CA annuel mondial.Étape 5 — Suivre la plainte et les recours en cas de classement sans suite
Après le dépôt de plainte, suivez l'avancement en contactant le commissariat ou la gendarmerie avec votre récépissé. Si le procureur classe l'affaire sans suite, vous disposez de 3 recours : (1) la citation directe devant le tribunal correctionnel (si vous connaissez l'identité de l'auteur), (2) la constitution de partie civile auprès du doyen des juges d'instruction, (3) la saisine de la commission d'accès au droit à l'aide aux victimes (CIDAV). Consultez un avocat spécialisé en droit du numérique : l'aide juridictionnelle est possible si vos revenus sont inférieurs à 1 465 €/mois. Contactez l'association e-Enfance (09 69 363 900) si vous êtes mineur, ou Stop Cyberharcèlement pour les adultes. Conservez tous les documents médicaux attestant du préjudice (certificats de trouble psychologique, arrêts de travail) : ils seront indispensables pour obtenir des dommages et intérêts devant le tribunal.
Conseils pratiques
- Le 3018 peut faire supprimer des contenus illicites en moins d'une heure en contactant directement les équipes de modération des plateformes — appelez avant de signaler vous-même.
- Le simple fait d'aimer ou de partager un contenu dégradant est considéré comme du cyberharcèlement par la loi (art. 222-33-2-2 Code pénal) — vous pouvez être poursuivi même sans être l'auteur principal.
- Demandez le déréférencement sur Google via le formulaire google.com/legal/removal-request : si des informations vous concernant apparaissent dans les résultats de recherche, Google doit les retirer sous 1 mois.
Points d'attention
- Supprimer les messages avant de les capturer : vous perdez vos preuves et la plainte risque d'être classée sans suite. Faites des captures d'écran systématiques AVANT toute suppression.
- Ne porter plainte que des mois après les faits : les plateformes suppriment les données après 6 à 12 mois. Déposez plainte dans les jours qui suivent les premiers faits.
- Confondre plainte CNIL et plainte pénale : la CNIL ne prononce que des sanctions administratives (effacement de données, amendes), pas de peines de prison. Déposez une plainte pénale AU COMMISSARIAT ET une plainte CNIL pour l'effacement des données — ce sont deux démarches distinctes et complémentaires.
Questions fréquentes5
Quelles sont les peines encourues pour cyberharcèlement en France ?
Le cyberharcèlement est puni de 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende (art. 222-33-2-2 du Code pénal). En cas de circonstances aggravantes (mineur de 15 ans, personne vulnérable, conjoint ou ex-conjoint, deux auteurs ou plus) : 3 ans et 45 000 €. Si la victime est mineure (loi du 2 mars 2022) : 5 ans et 100 000 € d'amende.
Quel numéro appeler en cas de cyberharcèlement ?
Comment porter plainte pour cyberharcèlement ?
Porter plainte est gratuit. Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie avec vos captures d'écran et les URL des contenus. Les forces de l'ordre sont obligées d'enregistrer votre plainte. Vous pouvez aussi porter plainte contre X si vous ne connaissez pas l'auteur. Le délai de prescription est de 6 ans. Pour les arnaques internet liées (phishing, chantage, usurpation d'identité), la plainte en ligne est possible via le service THESEE sur masecurite.interieur.gouv.fr.
Comment faire supprimer des photos ou messages intimes publiés sans mon accord ?
Contactez immédiatement la plateforme pour demander la suppression du contenu via son bouton « Signaler ». Appelez le 3018 si vous êtes mineur — ils peuvent faire supprimer le contenu en moins d'une heure. Exercez votre droit à l'effacement (art. 17 RGPD) auprès du site, qui doit effacer dans le mois. En cas de non-réponse, saisissez la CNIL sur cnil.fr/adresser-une-plainte. Si le contenu constitue un délit (photos intimes sans consentement : art. 226-1 Code pénal, 1 an de prison et 45 000 € d'amende), portez plainte au commissariat.
Le cyberharcèlement est-il un délit même si l'auteur est mineur ?
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Sources officielles consultées
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