- Cumul possible jusqu'à 74% du dernier salaire sans pénalité
- Démarche obligatoire auprès de sa caisse 4 mois avant départ
- Plafond de revenus 2026 : 2 188 € mensuels pour un temps plein
La retraite progressive permet depuis la réforme de 2023 de cumuler un emploi à temps partiel avec une partie de sa pension de retraite, avec un plafond de revenus fixé à 1 600 SMIC horaire soit 2 188 € brut mensuels pour 2026 selon les projections de l'INSEE et les barèmes publiés sur légifrance.gouv.fr. Ce dispositif s'adresse aux salariés du privé âgés d'au moins 60 ans ayant validé le nombre de trimestres requis pour leur génération (167 trimestres pour les nascents de 1965), sous réserve de réduire leur temps de travail d'au moins 20% et sans dépasser 80% de la durée légale. La pension est versée proportionnellement au taux de réduction d'activité : pour une réduction de 40%, vous percevrez 40% de votre pension totale. Les formalités doivent être initiées 4 mois avant la date de départ souhaitée auprès de sa caisse de retraite principale (Carsat, Arrco, Agirc) avec un dossier comprenant le formulaire CERFA 16118*01, une attestation employeur certifiant la réduction horaire, et les 12 derniers bulletins de salaire. Un simulateur officiel est disponible sur info-retraite.fr pour estimer précisément vos droits.
Le calcul des revenus autorisés intègre salaire brut, primes régulières, heures supplémentaires et 50% des indemnités de licenciement, excluant les revenus de capitaux mobiliers. En cas de dépassement du plafond, la pension est suspendue immédiatement et des pénalités de 100% du trop-perçu s'appliquent. Les travailleurs indépendants doivent adresser leur demande à la SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) avec un bilan d'activité prévisionnel. La retraite progressive peut être convertie en retraite à taux plein à tout moment dès que l'assuré remplit toutes les conditions, sans nouvelle période de carence. Ce dispositif est incompatible avec la retraite anticipée pour carrière longue ou pénible.
Exemple concret : Monsieur Martin, 62 ans, salaire brut mensuel de 3 200 €, pension théorique de 1 500 €. Il réduit son activité de 50% : salaire conservé 1 600 € + 50% de sa pension (750 €) = 2 350 € mensuels, sous le plafond de 2 188 €. Solution : négocier une réduction de 55% pour tomber à 1 440 € de salaire + 675 € de pension = 2 115 €, conforme au plafond. Les caisses de retraite disposent d'un délai de traitement de 2 mois pour valider le dossier, durant lequel l'employeur doit maintenir le contrat de travail modifié.
Étapes à suivre
Vérification éligibilité et calcul prévisionnel
Contactez votre caisse de retraite 6 mois avant le départ pour obtenir une estimation précise de votre pension et vérifier votre nombre de trimestres validés. Utilisez le simulateur officiel sur info-retraite.fr nécessitant votre numéro de sécurité sociale et vos derniers relevés de carrière. Pour 2026, le salaire plafond est calculé sur la base de 1 600 fois le SMIC horaire (10,57 € en 2024, projeté à 11,02 € en 2026 selon les prévisions INSEE), soit 2 188 € brut mensuels pour un temps plein. Les travailleurs ayant cotisé moins de 5 trimestres dans les 12 derniers mois sont inéligibles.
Négociation employeur et formalisation écrite
Obtenez un accord écrit de votre employeur sur la réduction d'activité (entre 20% et 80% de la durée légale) via un avenant au contrat de travail ou une nouvelle embauche en CDD/CDI à temps partiel. Cet accord doit préciser la date de effet, la nouvelle durée hebdomadaire, et le salaire brut correspondant. Conservez une copie signée pour votre dossier. La loi impose un délai de rétractation de 15 jours après signature. En cas de refus de l'employeur, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes pour discrimination liée à l'âge sous 3 mois.
Dépôt du dossier complet 4 mois avant départ
Complétez le formulaire CERFA 16118*01 disponible sur service-public.fr, joignez la copie de l'avenant contractuel, les 12 derniers bulletins de salaire, votre carte d'identité, et votre relevé de carrière. Envoyez le tout en recommandé avec AR à votre caisse principale (Carsat pour la plupart des salariés). Un accusé de réception vous parviendra sous 15 jours. Les caisses traitent les dossiers dans l'ordre d'arrivée avec un délai moyen de 60 jours. En l'absence de réponse passé ce délai, considérez votre demande acceptée tacitement.
Suivi mensuel des revenus et déclarations
Tenez un registre précis de tous vos revenus d'activité (salaire brut, primes, heures sup) et déclarez tout changement à votre caisse sous 30 jours. Les caisses effectuent des contrôles aléatoires sur les déclarations sociales nominatives (DSN) transmises par les employeurs. En 2026, tout dépassement même ponctuel du plafond entraîne suspension immédiate de la pension et recouvrement des indus majorés de 10%. Les revenus de remplacement (chômage, maladie) sont intégrés dans le plafond sauf si l'arrêt de travail précède le départ en retraite progressive.
Conversion en retraite à taux plein et recours
Dès que vous atteignez l'âge légal de départ à taux plein (64 ans en 2026) ou validez tous vos trimestres, demandez la conversion en retraite définitive via le formulaire CERFA 16119*01. La pension est recalculée sans abattement. En cas de refus de votre caisse, vous disposez de 2 mois pour saisir le médiateur de la retraite (délai de réponse 90 jours) puis le tribunal des affaires de sécurité sociale. Conservez toutes les correspondances et calculs détaillés.
Conseils pratiques
- Utilisez le simulateur officiel info-retraite.fr pour éviter les erreurs de calcul (source : service-public.fr)
- Négociez une modulation horaire annualisée pour lisser vos revenus sur l'année
- Consultez un conseiller retraite certifié (liste sur cncf-avocats.fr) pour les cas complexes
Points d'attention
- Tout dépassement du plafond entraîne suspension immédiate et pénalités financières
- Les heures supplémentaires sont intégrées dans le plafond sans abattement
- La retraite progressive est irréversible : impossible de retourner à temps plein tout en percevant sa pension
Questions fréquentes
Quel pourcentage de sa pension touche-t-on en retraite progressive ?
Vous percevez le pourcentage de votre pension correspondant exactement à votre taux de réduction d'activité. Exemple : réduction de 30% = 30% de votre pension totale. Ce calcul est fixé par l'article L. 351-15-1 du code de la sécurité sociale consultable sur legifrance.gouv.fr.
Peut-on cumuler retraite progressive et chômage ?
Non, les allocations chômage sont considérées comme des revenus de remplacement et sont intégrées dans le plafond de 2 188 € mensuels. Le cumul intégral est impossible sauf si votre indemnisation chômage est inférieure à la différence entre le plafond et votre salaire réduit.
Quel délai pour obtenir une réponse de sa caisse ?
Les caisses de retraite disposent de 2 mois maximum pour statuer sur votre demande de retraite progressive, conformément au décret 2023-1084. Passé ce délai, la demande est acceptée tacitement. Conservez votre preuve de dépôt en recommandé.
Que faire si l'employeur refuse la réduction du temps de travail ?
Vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes pour discrimination liée à l'âge sous 3 mois, avec preuve de votre éligibilité à la retraite progressive. Les tribunaux sanctionnent régulièrement les refus non motivés sur le fondement de l'article L. 1132-1 du code du travail.
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