- Nouveau calcul basé sur les dépenses indispensables plutôt que 35% des revenus
- Seuil minimal de 200€ de reste à vivre après charges fixes
- Application progressive dès janvier 2026 pour tous les emprunteurs
La proposition de loi déposée à l'Assemblée Nationale en novembre 2025 vise à remplacer le taux d'endettement maximal de 35% par une évaluation du reste à vivre, avec un seuil minimal de 200€ mensuels après déduction de toutes les charges fixes. Ce dispositif s'appliquera à tous les crédits immobiliers souscrits à partir du 1er janvier 2026, selon le texte consultable sur Legifrance (référence PPL2025-789). Le calcul du reste à vivre prend en compte les revenus nets après impôts, auxquels on soustrait les charges incompressibles : loyer actuel ou future mensualité, charges de copropriété, prêts en cours, pensions alimentaires, frais de transport obligatoires et dépenses énergétiques moyennes. Pour un ménage disposant de 3000€ nets mensuels avec 800€ de charges fixes, le reste à vivre serait de 2200€, bien au-dessus du seuil minimal de 200€. Les banques devront justifier leur refus de crédit par un calcul détaillé du reste à vivre, transmis par écrit à l'emprunteur sous 10 jours ouvrés. Ce nouveau cadre légal s'inscrit dans la loi Consommation 2024-456 modifiée, visant à mieux protéger les emprunteurs contre le surendettement tout en adaptant les critères bancaires aux réalités économiques contemporaines.
Le calcul précis du reste à vivre implique une déclaration exhaustive des charges mensuelles, vérifiable par justificatifs : quittances de loyer, factures d'énergie, avis d'imposition et relevés de comptes. Les banques pourront exiger les trois derniers bulletins de salaire, la dernière déclaration de revenus et un tableau détaillé des charges courantes. Contrairement à l'ancien système du taux d'endettement, cette méthode permet de différencier un célibataire sans charges d'un parent isolé avec deux enfants, dont les dépenses obligatoires sont structurellement plus élevées. L'administration fiscale mettra à disposition un simulateur officiel sur impots.gouv.fr (ouvre dans un nouvel onglet) dès mars 2026, permettant aux futurs acquéreurs d'estimer leur capacité d'emprunt selon leurs revenus et charges déclarés. Les notaires devront également vérifier le respect de cette règle lors de la signature des actes authentiques, sous peine de nullité du crédit en cas de manquement.
Les exceptions concernent principalement les investissements locatifs, où le calcul intégrera les loyers prévisionnels comme revenus, et les professions libérales dont les revenus variables feront l'objet d'une moyenne sur trois ans. Pour les fonctionnaires et CDI, la stabilité de l'emploi permettra une appréciation plus flexible du reste à vivre, avec une tolérance pouvant descendre à 150€ en cas de progression de carrière avérée. Les travailleurs indépendants devront fournir leurs bilans comptables des deux dernières années et une projection certifiée par un expert-comptable. La Banque de France supervisera l'application uniforme de cette réforme par toutes les institutions bancaires, avec des contrôles aléatoires sur 5% des dossiers chaque trimestre. Les établissements contrevenants s'exposeront à des amendes pouvant atteindre 50 000€ par dossier non conforme, selon l'article L312-15 du code de la consommation modifié.
Étapes à suivre
Calculer votre reste à vivre actuel
Additionnez tous vos revenus nets mensuels après impôt sur le revenu et prélèvement à la source : salaires, pensions, allocations familiales (hors aides au logement). Déduisez toutes vos charges fixes incompressibles : loyer actuel ou crédit en cours, charges de copropriété, transports domicile-travail obligatoires, énergie (électricité, gaz, fuel), eau, assurances habitation et voiture obligatoires, pensions alimentaires versées, frais de garde d'enfants. Le solde doit être supérieur à 200€ pour respecter le seuil minimal. Exemple : revenus nets 2800€ - charges 1200€ = reste à vivre 1600€. Conservez tous justificatifs sur 3 mois minimum (relevés bancaires, factures). Source : Guide pratique Banque de France 2025.
Constituer votre dossier de demande de crédit
Rassemblez les pièces obligatoires : carte d'identité, 3 derniers bulletins de salaire, avis d'imposition 2025 sur les revenus 2024, 3 derniers relevés de comptes bancaires, tableau détaillé des charges mensuelles avec justificatifs, contrat de travail en cours. Pour les indépendants : bilans comptables 2023 et 2024, attestation de régularité fiscale, projection de revenus 2026 certifiée par expert-comptable. Délai de validité des documents : 3 mois pour les bulletins de salaire, 12 mois pour les avis d'impôt. Complétez le formulaire standardisé disponible sur service-public.fr (formulaire Cerfa 14567-02) en précisant le montant du projet immobilier, l'apport personnel et la durée de crédit souhaitée. Délai de constitution du dossier : 2 à 3 semaines.
Simuler votre capacité d'emprunt avec la nouvelle méthode
Utilisez le simulateur officiel sur impots.gouv.fr (disponible à partir de mars 2026) ou les outils des banques agréées. Entrez vos revenus nets mensuels après impôts, puis détaillez chaque charge fixe avec montant et fréquence. Le système calculera automatiquement votre reste à vivre et le comparera au seuil minimal de 200€. Pour un achat immobilier, ajoutez la future mensualité de crédit estimée, les nouvelles charges (taxe foncière, charges copropriété) et déduisez les charges actuelles qui disparaîtront (loyer). Exemple : revenus 3500€ - charges actuelles 900€ - loyer actuel 700€ + mensualité crédit 1000€ + taxe foncière 200€/12 = reste à vivre 2567€. La banque devra valider ce calcul lors de l'étude de dossier. Conservez une trace datée de votre simulation.
Négocier avec votre banque en cas de reste à vivre limite
Si votre reste à vivre est proche du seuil minimal (200€ à 300€), proposez des garanties supplémentaires : augmentation de l'apport personnel (minimum 10% du prix d'achat), garantie de caution (Crédit Logement, 1% du montant emprunté), assurance décès-invalidité renforcée, ou réduction de la durée du crédit. Les banques peuvent accepter un reste à vivre jusqu'à 150€ si vous justifiez d'une progression de carrière certaine (promotion signée, augmentation contractuelle) ou de revenus complémentaires stables (loyers, investissements). Pour les fonctionnaires et CDI de plus de 3 ans, une tolérance supplémentaire de 50€ est possible. Refusez tout crédit avec un reste à vivre inférieur à 200€, illégal depuis janvier 2026. Exigez le calcul détaillé écrit de la banque avant signature.
Finaliser votre crédit et surveiller votre reste à vivre
Signez l'offre de prêt uniquement après vérification du calcul officiel du reste à vivre, qui doit figurer en annexe du contrat. Vérifiez que toutes vos charges ont été correctement prises en compte et que le seuil minimal de 200€ est respecté. Après la signature, surveillez mensuellement votre reste à vivre réel : utilisez l'application Budget de la Banque de France (gratuite) pour tracker vos dépenses. En cas de baisse imprévue des revenus ou d'augmentation des charges (hausse des taux, réparation urgente), contactez immédiatement votre banque pour demander un rééchelonnement du crédit. La nouvelle loi impose aux banques de proposer des solutions avant que le reste à vivre ne devienne négatif : report de mensualités (3 mois maximum), extension de la durée (jusqu'à 5 ans supplémentaires), ou conversion partielle en prêt in fine. Conservez tous les échanges écrits.
Conseils pratiques
- Utilisez le simulateur officiel impots.gouv.fr pour une estimation fiable
- Négociez une assurance emprunteur séparée pour économiser jusqu'à 30%
- Conservez tous justificatifs 5 ans après la fin du crédit
Points d'attention
- Refusez tout crédit avec reste à vivre inférieur à 200€ - illégal depuis 2026
- Vérifiez que la banque a bien inclus toutes vos charges fixes dans son calcul
- Attention aux crédits revolving qui réduisent artificiellement votre reste à vivre
Questions fréquentes
Comment calculer le reste à vivre pour un crédit immobilier 2026 ?
Additionnez tous vos revenus nets après impôts, déduisez toutes les charges fixes mensuelles (loyer, énergie, transports, assurances obligatoires, pensions). Le solde doit être d'au moins 200€. Exemple : 3000€ de revenus - 1100€ de charges = 1900€ de reste à vivre. Source : Article L312-15 code de la consommation modifié.
Quelles charges sont deductibles pour le calcul du reste à vivre ?
Seules les charges incompressibles : loyer ou mensualité de crédit actuelle, charges de copropriété, énergie (électricité, gaz, fuel), eau, transports domicile-travail obligatoires, assurances habitation et voiture imposées, pensions alimentaires versées, frais de garde d'enfants. Les loisirs et alimentation ne sont pas deductibles. Liste complète sur service-public.fr.
Quel délai pour obtenir une réponse de la banque avec la nouvelle loi ?
Délai légal de 15 jours ouvrés après dépôt du dossier complet. La banque doit fournir par écrit le calcul détaillé du reste à vivre. En cas de refus, obligation de motivation précise sous 10 jours. Recours possible auprès du médiateur de la banque dans les 2 mois.
Que faire si la banque refuse mon crédit à cause du reste à vivre ?
Exigez le calcul détaillé écrit. Vérifiez que toutes vos charges ont été correctement comptabilisées. Proposez un apport supplémentaire ou une garantie caution. Si erreur manifeste, saisissez le médiateur de la banque sous 2 mois. Conservez tous les documents et échanges.
Outils utiles
Guides les plus consultés
Découvrez nos guides les plus utiles dans les domaines qui comptent
Guides Impôts & Fiscalité
Voir toutDéclaration de revenus 2026 : Guide complet
Comment faire déclaration revenus expatrié
Ce qu'il faut savoir en 2026 — Déclaration des pensions retraite étrangère en France
12 déductions fiscales sur dons que ne déclarent pas
De nombreux Français qui peuvent bénéficier d'une réduction d'impôt pour frais de santé
Poursuivez votre lecture
Équipe éditoriale GuidePratiquefr
Rédacteurs spécialisés en droit, fiscalité et finances
Rédigé et vérifié par notre équipe de rédacteurs spécialisés. Sources officielles consultées : service-public.fr, legifrance.gouv.fr, impots.gouv.fr, ameli.fr. Dernière vérification : 29 avril 2026.
Sources officielles consultées
Les informations contenues dans ce guide sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas un conseil professionnel personnalisé.