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Redressement fiscal pour défaut de déclaration de revenus de location : que faire dans les 60 jours ?

Impôts & Fiscalité7 min

Redressement fiscal pour défaut de déclaration de revenus de location : que faire dans les 60 jours ?

7 min de lectureMis à jour le 14 avril 2026Équipe éditoriale GuidePratiquefr
L'essentiel à retenir
  • Redressement fiscal pour défaut de déclaration de revenus de location : que faire dans les 60 jours ?
  • Conditions et démarches à jour 2026
  • Sources : sites officiels .gouv.fr

En cas de redressement fiscal pour défaut de déclaration de revenus locatifs en 2026, vous risquez une majoration de 10 à 40 % des impôts supplémentaires dus, selon la gravité retenue par l’administration fiscale, conformément à l’article 1729 du Code général des impôts (CGI) accessible sur legifrance.gouv.fr. Si l’omission est jugée involontaire, la majoration est de 10 %. En cas de dissimulation avérée, elle passe à 40 %. Par exemple, pour 12 000 € de revenus locatifs non déclarés imposables à 30 % (soit 3 600 € d’impôt manquant), la pénalité atteint 1 440 € (40 %) en faute délibérée, portant la somme totale à 5 040 €.

Vous avez 30 jours calendaires, à compter de la réception de l’avis de redressement (formulaire 3171), pour formuler un recours gracieux. Ce délai est impératif et mentionné dans le Bulletin officiel des finances publiques (BOI-RJ-20-10-10). La réponse s’effectue par courrier recommandé avec accusé de réception ou via votre espace professionnel sur impots.gouv.fr, dans la rubrique « Gérer mes démarches ». Il est crucial d’y joindre tous les justificatifs : baux, quittances de loyer, relevés bancaires, ou preuve d’une erreur matérielle.

Le cas d’un contribuable à Lyon illustre cette procédure : en 2025, il a omis de déclarer 9 600 € de loyers perçus sur un studio meublé. L’administration fiscale a calculé un impôt supplémentaire de 2 880 € (taux moyen d’imposition de 30 %) et appliqué une majoration de 40 % (1 152 €), soit un total de 4 032 €. Après contestation avec production de quittances et d’un bail signé, la DDFiP a reconnu une erreur de déclaration (non de dissimulation) et ramené la majoration à 10 % (288 €), réduisant la charge à 3 168 €.

Si vous n’avez jamais déclaré vos revenus locatifs, l’administration peut remonter jusqu’à 3 ans en arrière en cas de faute simple, ou 6 ans en cas de fraude caractérisée (article L76 du livre des procédures fiscales). Par exemple, des loyers non déclarés de 2020 à 2025 peuvent être redressés intégralement si une dissimulation est prouvée. Le montant total peut donc s’élever rapidement : 10 000 €/an sur 6 ans = 60 000 € de revenus, générant environ 18 000 € d’impôt et 7 200 € de pénalité (40 %), soit 25 200 € à régler.

Il est possible de demander un étalement du paiement si le montant est élevé. Selon le service-public.fr, vous pouvez solliciter un échelonnement sur jusqu’à 36 mois via votre centre des finances publiques. L’accord dépend de votre situation financière (justificatifs de revenus, charges familiales). Aucun intérêt n’est ajouté si le paiement est régulier, mais un refus de paiement peut entraîner des mesures de contrainte (saisie-arrêt sur salaire, saisie immobilière).

En cas de désaccord persistant avec l’administration, la médiation fiscale est une option accessible via le médiateur des entreprises (pour les loueurs en nom propre) ou le médiateur des finances publiques. Le recours doit être déposé dans les 12 mois suivant le premier refus. Selon le rapport annuel 2025 du médiateur, 68 % des dossiers liés aux revenus locatifs ont abouti à une réduction moyenne de 35 % du redressement initial. Ce recours est gratuit et ne suspend pas les délais de recours contentieux.

Pour éviter tout redressement, il est essentiel de déclarer chaque année l’intégralité de ses revenus locatifs, qu’ils proviennent de locations nues, meublées, ou de sous-location. Les revenus doivent figurer dans la déclaration 2044 (locations nues) ou 2042-C-PRO (locations meublées non professionnelles), selon le régime fiscal choisi. Les charges déductibles (intérêts d’emprunt, travaux, copropriété) doivent être minutieusement conservées pendant 6 ans. En cas de doute, une consultation préalable peut être demandée à l’administration via un référé fiscal (article 50-0 bis du CGI).

Étapes à suivre

1

Comprendre votre situation fiscale

En France, l'imposition est calculée par foyer fiscal sur la base du quotient familial. Le barème 2026 comprend 5 tranches allant de 0 % (jusqu'à 11 294 €) à 45 % (au-dessus de 177 106 €). Le prélèvement à la source déduit l'impôt directement sur votre salaire, retraite ou revenu d'indépendant. Vérifiez votre taux de prélèvement sur impots.gouv.fr — vous pouvez le moduler en cas de changement de situation.

2

Rassembler les justificatifs

Avant d'ouvrir votre déclaration en ligne, réunissez : avis d'imposition N-1, bulletins de salaire de décembre et de janvier, relevés de revenus fonciers, reçus de dons (66 % de réduction), factures de travaux éligibles au crédit d'impôt (CITE/CEE), attestations d'emploi à domicile. Les banques et les employeurs transmettent les attestations pré-remplies directement à l'administration fiscale.

3

Déclarer en ligne sur impots.gouv.fr

Connectez-vous avec votre numéro fiscal (sur vos précédents avis d'imposition) ou via FranceConnect. Vérifiez chaque case pré-remplie : en cas d'écart, corrigez avant validation. L'ordre des onglets : état civil → revenus → charges → réductions et crédits → récapitulatif. Validez avant la date limite de votre département (généralement fin mai ou début juin selon le numéro de département).

4

Optimiser légalement votre imposition

Plusieurs dispositifs réduisent légalement votre impôt : versements sur un PER (déductibles du revenu imposable jusqu'à 10 % des revenus), dons à des associations loi 1901 (66 % de réduction), emploi à domicile (50 % de crédit d'impôt plafonné à 12 000 €), déficit foncier si vous détenez un bien locatif nu. Simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr › Rubrique "Simuler".

5

Gérer le paiement et les éventuelles rectifications

Si l'impôt calculé dépasse 300 €, il peut être prélevé en 10 mensualités ou en 3 acomptes. En cas d'erreur dans votre déclaration, vous pouvez la corriger en ligne jusqu'à la date limite departementale, ou déposer une réclamation contentieuse dans les 2 ans suivant la mise en recouvrement. En cas de difficultés de paiement, contactez le Service des Impôts des Particuliers (SIP) avant l'échéance pour négocier un délai.

Conseils pratiques

  • Vérifiez les barèmes à jour sur le site officiel concerné (impots.gouv.fr, service-public.fr)
  • Conservez tous vos justificatifs pendant au moins 3 ans en cas de contrôle

Points d'attention

  • Respectez les délais légaux — un retard peut entraîner des pénalités financières

Questions fréquentes

Que risque-t-on en cas de redressement fiscal pour omission de déclaration de revenus locatifs en 2026 ?

En 2026, l’omission de déclaration de revenus locatifs entraîne une majoration de 40 % des impôts dus si le fisc considère une faute intentionnelle, selon l’article 1729 du Code général des impôts (CGI) sur legifrance.gouv.fr. Si l’erreur est fortuite, la pénalité est de 10 %. Par exemple, pour 8 000 € de revenus non déclarés imposables à 30 %, l’impôt supplémentaire est de 2 400 €, auquel s’ajoutent 960 € de pénalité (40 %).

Que faire si l’on a déclaré ses revenus locatifs mais avec un retard ou une erreur de calcul ?

Un retard ou une erreur de déclaration peut être régularisé via une déclaration rectificative sur impots.gouv.fr. Si l’administration découvre l’erreur avant vous, elle envoie un avis de redressement. Vous disposez alors de 30 jours pour contester. En cas d’erreur avouée spontanément, la majoration est réduite à 5 % (article 1731 CGI). Par exemple, une erreur de 3 000 € corrigée à l’amiable entraîne une pénalité de 150 € au lieu de 1 200 € en cas de redressement forcé.

Quel est le délai exact pour répondre à un redressement fiscal en 2026 ?

Le délai légal pour répondre à un redressement fiscal est de 30 jours à compter de la réception de l’avis de vérification complémentaire, selon le BOI-RJ-20-10-10 sur impots.gouv.fr. Ce délai est strict : au-delà, le redressement devient exécutoire. En cas de contestation, un recours gracieux doit être envoyé par lettre recommandée avec AR ou via votre espace professionnel. Un recours contentieux devant le tribunal administratif peut suivre si la réponse est négative.

Que faire si l’administration refuse une contestation de redressement fiscal ?

Si la Direction départementale des finances publiques (DDFiP) rejette votre recours gracieux, vous pouvez saisir le tribunal administratif dans les 2 mois suivant la notification du refus, selon l’article R600-1 du Code de justice administrative. Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat fiscaliste ou un expert-comptable. Des aides juridiques peuvent être obtenues via la commission départementale de médiation (CDM) pour les contribuables modestes, selon le décret n° 2019-1592.

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Rédigé et vérifié par notre équipe de rédacteurs spécialisés. Sources officielles consultées : service-public.fr, legifrance.gouv.fr, impots.gouv.fr, ameli.fr. Dernière vérification : 14 avril 2026.

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