5 exonérations de droits de succession que 80% des héritiers ne connaissent pas
1. Exonération de l'habitation familiale (article 790 G du CGI)
Lorsque le défunt était propriétaire et occupant de sa résidence principale, le ou les héritiers peuvent demander l'exonération totale de la valeur de ce bien à condition de l'habiter pendant 6 ans après le décès. La demande doit être formulée dans le délai de déclaration (6 mois). Le taux d'échec provient souvent de l'absence d'attestation d'occupation jointe au dossier.
2. Donation-partage antérieure : le « bouclier » de 100 000 €
Un enfant ayant reçu un bien en donation-partage plus de 10 ans avant le décès bénéficie d'une exonération additionnelle de 100 000 € sur la valeur de ce bien à la date de succession. Cette exonération est cumulable avec l'abattement personnel (100 000 €) et la déduction pour l'habitation familiale, portant le total à 300 000 € pour un même enfant.
3. Parts sociales de sociétés non cotées
Les titres détenus dans une PME ou une SARL peuvent être exonérés à hauteur de 75 % de leur valeur si le défunt détenait au moins 25 % des droits de vote et si l'entreprise emploie moins de 250 salariés. L'héritier doit s'engager à conserver les titres 6 ans et à poursuivre l'activité. Le formulaire 2735-SD doit être joint à la déclaration.
4. Créances dites « douteuses »
Les prêts consentis par le défunt à des tiers non remboursés à la date du décès peuvent être déduits de l'actif successoral si l'héritier produit un certificat d'insolvabilité délivré par un huissier ou une décision de justice. Cette déduction est plafonnée au montant de la créance figurant au bilan.
5. Dons manuels de sommes d'argent
Les sommes versées par le défunt à ses enfants ou petits-enfants dans la limite de 31 865 € par donataire et par décennie sont exonérées de droits de succession si elles ont été déclarées à l'IR dans l'année du versement. La preuve repose sur l'enregistrement fiscal ou le virement bancaire annoté « don manuel ».
Étapes à suivre
Comprendre votre situation fiscale
En France, l'imposition est calculée par foyer fiscal sur la base du quotient familial. Le barème 2026 comprend 5 tranches allant de 0 % (jusqu'à 11 294 €) à 45 % (au-dessus de 177 106 €). Le prélèvement à la source déduit l'impôt directement sur votre salaire, retraite ou revenu d'indépendant. Vérifiez votre taux de prélèvement sur impots.gouv.fr — vous pouvez le moduler en cas de changement de situation.
Rassembler les justificatifs
Avant d'ouvrir votre déclaration en ligne, réunissez : avis d'imposition N-1, bulletins de salaire de décembre et de janvier, relevés de revenus fonciers, reçus de dons (66 % de réduction), factures de travaux éligibles au crédit d'impôt (CITE/CEE), attestations d'emploi à domicile. Les banques et les employeurs transmettent les attestations pré-remplies directement à l'administration fiscale.
Déclarer en ligne sur impots.gouv.fr
Connectez-vous avec votre numéro fiscal (sur vos précédents avis d'imposition) ou via FranceConnect. Vérifiez chaque case pré-remplie : en cas d'écart, corrigez avant validation. L'ordre des onglets : état civil → revenus → charges → réductions et crédits → récapitulatif. Validez avant la date limite de votre département (généralement fin mai ou début juin selon le numéro de département).
Optimiser légalement votre imposition
Plusieurs dispositifs réduisent légalement votre impôt : versements sur un PER (déductibles du revenu imposable jusqu'à 10 % des revenus), dons à des associations loi 1901 (66 % de réduction), emploi à domicile (50 % de crédit d'impôt plafonné à 12 000 €), déficit foncier si vous détenez un bien locatif nu. Simulateur officiel disponible sur impots.gouv.fr › Rubrique "Simuler".
Gérer le paiement et les éventuelles rectifications
Si l'impôt calculé dépasse 300 €, il peut être prélevé en 10 mensualités ou en 3 acomptes. En cas d'erreur dans votre déclaration, vous pouvez la corriger en ligne jusqu'à la date limite departementale, ou déposer une réclamation contentieuse dans les 2 ans suivant la mise en recouvrement. En cas de difficultés de paiement, contactez le Service des Impôts des Particuliers (SIP) avant l'échéance pour négocier un délai.
Conseils pratiques
- Vérifiez les barèmes à jour sur le site officiel concerné (impots.gouv.fr, service-public.fr)
- Conservez tous vos justificatifs pendant au moins 3 ans en cas de contrôle
Points d'attention
- Respectez les délais légaux — un retard peut entraîner des pénalités financières
Questions fréquentes
Quel délai pour habiter le bien exonéré ?
L'héritier doit y résider 6 ans complets à compter du décès, sauf mutation professionnelle ou décès.
Puis-je cumuler l'exonération PME avec l'abattement ?
Oui, l'exonération de 75 % sur les titres est cumulable avec l'abattement personnel de 100 000 €.
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